راعي الأبرشية / محاضرات

  • 28 Jul 2015

    Conference Diaspora à Athene

    La « Diaspora »
    Intervention de Mgr Elie Béchara Haddad 
    dans le congrès de la Société des juristes de Droit canonique oriental
    Athènes, 17 septembre 2011
     
    Introduction : 
    A cause de la propension de plus en plus grande des chrétiens d’Orient à l’émigration, ceux-ci deviennent nettement plus nombreux hors du territoire patriarcal de leur Eglise qu’en son intérieur. Certains perdent tout lien avec leur Eglise d’origine et souvent s’en désintéressent.

    L’autorité du Patriarche et de son synode s’en trouve pour le moins affaiblie, et aussi la catholicité de l’Eglise, à la fois une et diverse, n’est plus perçue par les chrétiens d’Occident. Or il est important pour ces derniers qu’ils puissent constater qu’ils ont des frères qui partagent leur foi et expriment leur relation au Seigneur dans d’autres formes que la leur. Cette connaissance vécue d’Eglises différentes de celle latine, souvent trop prépondérante dans leur milieu, ne peut que les aider à dépasser le risque qu’ils courent souvent de confondre christianisme et culture occidentale .

     
    Devant cette réalité de plus en plus croissante, la question de la « Diaspora » est traitée de façon à mettre en relief l’aspect migratoire, numérique et démographique plutôt que les aspects ecclésiologiques. Cependant nous essayerons d’être exhaustifs dans cette étude, partant du point de vue des Eglises orientales catholiques, notamment dans la dernière lettre des Patriarches catholiques adressée au Pape Jean Paul II , au niveau des aspects juridique, théologique et œcuménique, considérés comme aspects principaux, traitant la question de la Diaspora.

    Nous aborderons après quelques attitudes des Prélats de l’Eglise Melkite. Enfin nous citerons quelques questions parallèles clarifiant davantage l’état actuel du sujet.
     
     
    A- Les aspects principaux selon la lettre des Patriarches catholiques en 2001 au Pape Jean Paul II:
     
    1- Aspect juridique :
     Le verset du décret « OE » n. 9 du Vatican II, qui redonne aux Patriarches avec leurs synodes leurs prérogatives anciennes reste une meilleure ouverture pour la réflexion dans cet aspect. Ces prérogatives semblent se restreindre aux questions des érections des paroisses et des diocèses ainsi que le fait d’accepter des prêtres mariés en Occident.

    L’élection des évêques à l’intérieur et à l’extérieur du territoire est incluse aussi dans cet aspect juridique, mais les Patriarches l’ont abordé dans la dimension œcuménique vu son impacte dans les liens avec les Orthodoxes.
    Dans cet aspect juridique les Patriarches ont fait cet appel: 

     
    « Il faut renforcer les liens entre les patriarches et tous leurs fidèles orientaux émigrés hors de leurs pays d’origine, et leurs frères et sœurs demeurés dans les territoires patriarcaux, afin de parer aux urgences suivantes de plus en plus cruciales:
     
    a) l’Orient chrétien se vide de ses fidèles; ceux qui restent dans le pays se sentent isolés et ressentent le besoin de garder des relations étroites, ne fussent que morales, avec ceux qui ont émigré;
     
    b) de même ceux qui ont quitté le pays, devraient continuer, en conscience, à s’intéresser de près au sort de leurs frères et sœurs restés en Orient pour lequel tout chrétien doit avoir une affection spéciale parce que c’est la terre où a vécu le Verbe de Dieu;
     
    c) sans l’aide des Eglises des pays d’émigration, les Patriarches des Eglises d’Orient et leur synode ne pourraient emplir leur devoir de chefs et de pères responsables de l’entente et de l’union fraternelle de tous leurs fidèles entre eux, dans le monde entier, et avec leur pays d’origine» .
     
    Les Patriarches Catholiques d'Orient, en tant que chefs de leurs Eglises, souhaitent leur redonner tous les droits, les privilèges et l’autorité dont ils jouissaient du temps de la pleine unité entre l’Orient et l’Occident (Orientalium Ecclesiarum, 9), et en conséquence la juridiction qui leur revient de droit sur leurs fidèles, que ceux-ci habitent ou non à l’intérieur des territoires patriarcaux, comme c’était le cas lors du rétablissement de la communion de ces Eglises avec Rome.
     
    Les Patriarches demandent de leur reconnaître avec les synodes de leurs Eglises, le droit et le devoir de se régir selon leurs propres disciplines particulières sur toute la planète, évidemment «dans les normes du droit et restant sauve la primauté du Pontife romain» (Orientalium Ecclesiarum, 7), et d'ériger des paroisses et des éparchies  dans toutes les parties du monde où se trouvent des groupes suffisamment nombreux de leurs fidèles, afin que ceux-ci continuent à conserver leur identité et d’appartenir à leur Eglise. Naturellement, cette érection ne peut et ne doit se faire qu’en accord avec le Siège Apostolique afin qu’aucun préjudice n’en résulte pour l’Eglise dans ces régions, et que le service des catholiques d’Orient soit véritablement assuré.

     
    Les Patriarches finissent par revendiquer la faculté d’ordonner des hommes mariés pour le service des paroisses en pays d’émigration selon la tradition orientale ancienne, toujours en vigueur en Orient .
     
    La lettre des Patriarches semble jumeler l’aspect numérique à celui juridique. Ils font de sorte que l’un soit la conséquence directe de l’autre, voire le meilleur remède à l’hémorragie migratoire des orientaux.
    Les Patriarches ont aussi abordé la question de la Diaspora de point de vue théologique. C’est en effet la clef de toute l’ecclésiologie d’union entre Orient et Occident.
     
     
    2- Aspect théologique :
    Dans cet aspect nous envisageons la relation des Eglises orientales catholiques avec la personne du Pape. Parlant de la même lettre des Patriarches ci-dessus citée, ces prélats y ont récapitulé toute la théologie et l’ecclésiologie orientales appuyant ainsi leurs revendications juridiques.

    On y affirme que l’Evêque de Rome, en tant que successeur de Pierre, est tête et chef du collège épiscopal et fondement visible de l’unité de l’Eglise (CCEO can. 42). Il a pour tâche essentielle d’affermir ses frères dans une même communion de foi et de charité, et d’aider les Patriarches et les évêques dans l’accomplissement de leurs charges pastorales, en Orient comme en Occident. En effet, il n’est pas fixé de limites géographiques à cette fonction du Pape.

    C’est pourquoi, ils retiennent que le droit de l’évêque de Rome d’intervenir, surtout en cas de conflits ou de danger sérieux pour la foi et les mœurs, dans des cas particuliers qui regardent aussi bien l’Eglise en son entier que les Eglises particulières, est inaliénable.

    L’histoire des conciles œcuméniques et des synodes en est témoin. Mais ces interventions doivent demeurer exceptionnelles afin que les droits des Patriarches et des Evêques ne soient pas atteints dans leur essence. En effet, la plénitude de communion trouve son expression la plus visible et la plus universelle lorsqu’elle s’accomplit avec l’Eglise de Rome, dont l’Evêque remplit ainsi un rôle de «centrum unitatis» au sein du collège apostolique.

    Cette référence à Rome est loin d’être secondaire. Elle est même essentielle, parce que voulue par le Christ lui-même et parce qu’elle rend la catholicité de l’Eglise perceptible aux yeux .

     
    Cependant, les Patriarches suggèrent de Trouver des expressions plus élégantes pour exprimer la primauté papale que celle de "Sub Petro", surtout dans la traduction que nous en faisons dans nos langues modernes. Les autres chrétiens tout comme la mentalité moderne, y compris celle de nos fidèles, n’arrivent aucunement à s’y faire .
     
    De cet aspect théologique surgit un souci œcuménique notoire chez tous les prélats catholiques de l’Orient. La même lettre des Patriarches ci-dessus mentionnée dévoile cette attitude récapitulant tout ce qui a été dit dans l’Orient catholique.
     
    3- L’aspect œcuménique ou l’aspiration à la pleine communion avec les Eglises Orthodoxes :
     
    Tout l’Orient catholique tend à effectuer l’union chantée par toutes les Eglises. C’est un souci commun exprimé à plusieurs reprises par les différentes autorités ecclésiales. De leur part les Patriarches catholiques, dans la même lettre adressée au Pape Jean Paul II en 2001, dévoilent ce point épineux, complétant les deux aspects juridique et théologique, mais avec leurs retentissements œcuméniques.
     
    Ils présentent les propositions suivantes:
    « 1. Retourner aux traditions les plus anciennes de l’Eglise d’Orient, selon lesquelles l’élection et la proclamation des nouveaux évêques étaient le fait des Eglises locales et de leur synode qui en informaient ensuite les autres Eglises par lettre afin de manifester et établir leur communion avec elles. 
     
    2. Redonner au Patriarche et au synode de son Eglise le droit d’élire ses évêques à l’intérieur comme à l’extérieur des territoires patriarcaux, d’en proclamer les noms et de les ordonner sans avoir à recourir à Rome ni avant ni après les élections, par respect pour le concept même d’Eglise, en continuité avec cette réponse du Pape Léon le Grand aux Evêques de l’ancienne France: «Nous ne réclamons pas pour nous le droit d’ordination dans vos provinces…en vérité, dans notre sollicitude nous le revendiquons pour vous…qu’on ne donne à aucun présomptueux la possibilité de détruire vos privilèges» .
     
    3. Retourner aux anciennes traditions selon lesquelles c’est le Patriarche qui communique pour le nouvel évêque, et non ce dernier, la pleine communion avec l’Eglise de Rome et son Evêque.

    C’est à travers leur Eglise et leur Patriarche que les évêques sont en communion avec Rome, et à travers elle avec toutes les Eglises. L’assentiment «assensus» du Pontife Romain serait l’acceptation et la reconnaissance de l’action canonique faite par le Synode, et par conséquent l’admission dans la communion de l’évêque élu » .
     
    Ces propositions, quoique de nature juridique, redonneraient aux Eglises d’Orient tout le respect, les droits et les privilèges qui leur sont dus. Elles encourageraient les Orthodoxes à accepter l’union avec l’Eglise Catholique selon leur conception de la communion ecclésiale.

    Cependant, les Patriarches n’ont pas distingué entre l’élection des évêques dans le territoire patriarcal, et celle dans la Diaspora. C’est d’un coté, de l’autre coté, beaucoup de reproches se déroulent dans les coulisses sur la façon de compléter une enquête autour des noms épiscopables au sein des Eglises orientales catholiques. L’enquête faite par Rome et ses dicastères s’avère être plus sérieuse et dévoile plus d’éléments nécessaires pour un meilleur choix que celle faite au niveau synodal .

     
    Dans l’élection des évêques, et en dehors de la lettre des Patriarches ci haut citée, la question d’un évêque nommé par Rome en dehors du territoire et son transfert dans un diocèse à l’intérieur du territoire, pose une réflexion particulière. 

     
    Dernièrement le synode melkite a envisagé ce genre de transfert entre le diocèse de Newton aux Etats-Unis et Beyrouth d’une part par la personne de S.E. Mgr Cyrille Bustros, et le diocèse d’Australie et Nouvelle Zélande (Newzealand) et de Zahlé dans la personne de S.E. Mgr Issam Darwich. Le synode a proposé par une élection légitime le transfert en faisant une terna 
     
    pour les deux diocèses cités. La réponse de Rome était réticente sur la façon d’agir du synode. On insistait sur le fait que les évêques en dehors du territoire doivent présenter leur démission devant le Pape. Ainsi le Pape, en décidant autour de leur démission approuve ou non leur transfert. Apres, le synode propose une nouvelle terna au diocèse vacant en dehors du territoire . Cela signifie qu’il faut attendre la convocation du prochain synode et prolonger la vacance du siège d’un an avec toutes les conséquences que puisse englober un tel retard.

     
    A vrai dire ce processus est basé sur des données ecclésiologiques et  juridiques. Mais il faut surtout prendre en considération la nature œcuménique. Nous proposons que le transfert des évêques situés en dehors du territoire soit effectué rapidement tout en respectant et la volonté du synode et les prérogatives du Pape.

     
    Revenant à la lettre des Patriarches catholiques, et toujours dans la dimension œcuménique, le Pape Jean Paul II dit: «Aussi bien le Décret Orientalium Ecclesiarum du Concile Vatican II que la Constitution apostolique Sacri canones» (p. IX-X) qui a accompagné la publication du Code des Canons des Eglises Orientales, ont mis en évidence combien la situation présente, et les règles qui la régissent, sont dirigées vers la pleine communion tant souhaitée entre l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes.

     
    Votre collaboration avec le Pape et entre vous pourra montrer aux Eglises orthodoxes que la tradition de la "synergie" entre Rome et les Patriarcats s’est maintenue — bien que limitée et blessée —, qu’elle s’est peut-être même développée pour le bien de l’unique Eglise de Dieu, répandue par toute la terre».

     
    Les Patriarches estiment que pratiquement tous les chrétiens et toutes les Eglises dans le monde cherchent à réaliser une véritable collégialité, notion très chère à l’Orient et aux Eglises Orthodoxes, telle que la veut le Christ et qui réalise l’équilibre qu’il désire Lui-même, entre centralisation comme garantie de l’unité réelle et visible, et auto-gouvernement de chaque Eglise par fidélité à la diversité originelle des apôtres, de leurs relations entre eux, et des Traditions. C’est là le sens de la question de Sa Sainteté aux Patriarches et de plus d’une organisation et initiative de consultation créés depuis Vatican II à Rome, en particulier l’institution du «Synode des évêques».

    Les solutions se cherchent au niveau de la réflexion théologique, mais elles relèvent aussi et de façon non négligeable au niveau de l’exercice effectif du pouvoir dans l’Eglise.

     
    Il n’y a qu’une seule Eglise du Christ même si nous parlons aussi d’Eglises au pluriel, en particulier patriarcales. Ce singulier et ce pluriel sont heureux car ils indiquent à la fois l’unité de l’Eglise et sa pluralité. L’unité est vécue par la communion de toutes les Eglises avec celle de Rome, centre d’unité et de charité entre tous. La meilleure expression de cette unité dans la pluralité ou de la pluralité dans l’unité est l’organisation d’une collégialité qui puisse être visiblement réelle et hiérarchique, c’est-à-dire à la fois centralisée et partagée entre le Pape et spécialement les autres chefs d’Eglises, les Patriarches. 

     
    Ici se pose le problème de la multiplicité de juridiction sur le même territoire soit en Orient qu’en Occident. Il arrive souvent que dans un même cadre géographique, six évêques ont un pouvoir identique, chacun sur ses fidèles, bien entendu.

    Il en résulte parfois des conflits juridictionnels ce qui fait que probablement plusieurs hiérarques des pays d’Europe, d’Amérique ou d’ailleurs s’en rendent compte et ne voudraient pas avoir à affronter des difficultés de ce genre. C’est pourquoi ils hésitent à admettre la présence d’évêques d’autres rites ayant pleins droits sur leur territoire .
     
    B- Attitudes melkites : 
     
    Les attitudes des prélats melkites au long de leur histoire étaient semblables à l’esprit de la lettre des Patriarches ci-dessus mentionnée. Remontant même au temps de Vatican I, et les attitudes du Patriarche Gregorios Youssef , ainsi qu’aux différentes législations synodales tout au long de l’histoire melkite , toutes ces interventions correspondent à une tendance vers l’autonomie complète. 

     
    Sans vouloir s’arrêter trop sur l’histoire lointaine, la plupart des interventions melkites autour de l’autorité en dehors de l’Orient furent réitérées dans la sphère de Vatican II. Commençant par le synode des évêques melkites de 1959 qui déclara ce qui suit : « Les synodants se sont mis d’accord sur la nécessité de donner aux orientaux catholiques émigrants des pouvoirs sur leur rite ». 

     
    Les synodes de 1956-64 des évêques melkites se concentrèrent sur les critiques des schémas conciliaires figurant surtout dans les décrets « De Ecclesia » et « Orientalium Ecclesiarum ». Dans ces préparatifs conciliaires et les commentaires sur les décrets avant et après leur publication, les attitudes des prélats melkites étaient de penchant orthodoxe. Leurs interventions se divisaient en plusieurs catégories : ecclésiologique, juridique et théologique… et sont exposées dans le livre intitulé « L’Eglise Melkite au concile, Discours et notes du Patriarche Maximos IV et des Prélats de son Eglise au concile œcuménique Vatican II, 1967, Dar al Kalima, Beyrouth ».

     
    L’intervention de Mgr Elias Zoghby met entre autre en question le pouvoir du Pape en tant que chef en dehors du collège épiscopal. Il disait dans son commentaire intitulé : « Eglise latine et Eglise universelle » ce qui suit : « Lorsque les catholiques d’Occident parlent de l’Eglise ou de la discipline générale de l’Eglise, c’est à l’Eglise latine et à la discipline latine qu’ils limitent leur vision, comme si l’Eglise orientale et la discipline orientale étaient des exceptions à la règle.

    Ils doivent, au contraire, se rappeler que l’Eglise latine est une Eglise dans l’Eglise catholique, tout comme la plus humble des Eglises orientales, et que le droit latin est un droit particulier de l’Eglise latine. « Ecclesia universa »  ne signifie pas « Ecclesia latina » et « jus universale » ou « jus commune » ne signifie pas « jus latinum ».

    Comme de fait l’Eglise Catholique a été malheureusement réduite, pendant des siècles, à l’Occident ou presque, les occidentaux ont pris l’habitude de considérer leur Eglise latine comme synonyme d’Eglise catholique universelle.

    C’est une perspective à corriger aujourd’hui, non seulement dans la terminologie, mais aussi dans tout le comportement ecclésial. Cependant – selon nous – d’un point de vue œcuménique, par rapport à l’Orthodoxie, l’ensemble de ce qui y est dit sur la Hiérarchie, notamment en ce qui est de la primauté et de l’infaillibilité papales, fera une impression bloquante : en effet, il pourrait paraître plus insister sur le Pape, sa primauté, sa juridiction souveraine, son infaillibilité « ex sese » surtout, que sur la « collégialité épiscopale » elle-même, et cela quand il en est traité ex professo » .

     
    Le même synode melkite en 1996 a lancé des initiatives osées en vue d’une double allégeance à Rome et aux Orthodoxes. Mgr Zoghby était aussi le pionnier de cet appel. Dans cette initiative les melkites proposèrent une nouvelle conception de la « Diaspora » orientale compatible à celle orthodoxe. Cependant, tout ce processus d’union fut bloqué soit de la part de Rome, soit aussi de la part des Eglises orthodoxes .

     
    Plus récemment, en l’an 2000 le synode melkite présidé par S.B. Gregorios III, a adressé une lettre au congrès de Droit canonique oriental tenu à Rome le 25/11/2001 en présence du Pape Jean Paul II . 

     
    Une grande ressemblance se trouve entre cette lettre et celle de tous les Patriarches catholiques adressée au Pape en 2001 ci-dessus étudiée. Quelques modifications appartiennent à la lettre melkite telle le droit de recours des orientaux à Rome. Ainsi que le droit de Rome d’intervenir dans les cas particuliers de l’Orient .

     
    Arrivant à ce stade, les Patriarches catholiques dans leur dernière lettre ne font que répéter les nuances juridiques, théologiques et œcuméniques que les melkites et d’autres prélats des Eglises orientales catholiques ont déjà revendiquées tout au long de leur histoire. 

     
    Restent des questions parallèles importantes à traiter, et qui peuvent orienter le lecteur  à des déductions sur le sort de la Diaspora orientale dans le proche avenir. Telle la question du Golf, la tendance de restructuration chez certains évêques orientaux catholiques de la Diaspora et la nouveauté par rapport à l’érection d’un diocèse maronite en Europe.
     
    C- Questions parallèles :
     
    1- La question du Golf Arabe:
     
    C’est une réalité amère qu’envisagent les orientaux catholiques se trouvant dans les différents pays du Golf. Cette question fut étudiée d’ailleurs dans le synode pour les Eglises orientales tenu à Rome en octobre dernier 2011. Ce synode a confié l’approfondissement de ce thème à une commission mixte pour trouver une solution adéquate à l’extension de la juridiction des Patriarches sur ce territoire considéré oriental par excellence et conformément au droit canonique oriental mais confié à une hiérarchie latine.

     
    Dans ma dernière visite à Dubai en mai 2011, j’ai rencontré une famille émigrante dont le père est de rite melkite, connaît bien les chants byzantins, ses enfants, ayant vécu leur enfance au Golf ne connaissent que les chants liturgiques du rite latin. Ce même père fait appel à son Eglise D’origine : « Envoyez nous des prêtres melkites, je veux que mes enfants chantent les mêmes hymnes byzantines que je connais moi-même ». En attendant, ce même père de famille a décidé d’envoyer ses enfants à l’Eglise orthodoxe à Dubai.  

     
    Parlant avec l’Ordinaire du lieu latin de ce phénomène qui se répète partout dans le Golf, il disait : « oui c’est un vrai problème auquel il faut trouver des solutions ». Mais où sont ces solutions ? Nous continuons à les attendre.
     
     
    2- Tendance vers plus d’autonomie chez certains évêques catholiques de la Diaspora:
     
    Une problématique majeure celle de la tendance chez certains évêques orientaux catholiques dans la Diaspora, penchant à créer une certaine autonomie avec les autres évêques appartenant au même rite mais à des Eglises différentes. On voit ce phénomène s’accroître dans la famille byzantine : melkite, slave, ukrainienne, roumaine… ou bien dans la famille syriaque : maronite, syriaque… et chez d’autres familles.

    Il se trouve qu’un ou plusieurs évêques du même rite revendiquent des droits et des pouvoirs incompatibles avec l’esprit d’appartenance traditionnellement vécu entre l’Orient et la Diaspora. Telles les réserves de ces prélats sur l’élection des évêques de la Diaspora par le synode de l’Eglise Mère etc. Ce phénomène semble se propager dans la Diaspora dans les Eglises orthodoxes .

     
    Vis-à-vis de ces tendances, le seul garant de l’union entre l’Orient et sa Diaspora c’est, à  notre avis, le Pape. Tout changement passe par lui et par conséquent toute union est consolidée en lui. Répondant ainsi a la lettre des Patriarches ci haut citées,  le fait donner ainsi tous les droits aux Patriarches avec leurs synodes en dehors du territoire serait chose risquée.  
     
    3- Erection d’un diocèse maronite en Europe:
     
    Ne pas ériger des éparchies orientales dans la Diaspora, voilà une question que l’Occident envisage selon l’agrément des évêques latins. Dans des pays on accepte volontiers cette juridiction dans d’autres on est réticent voire, objectant.  Comme si l’affaire dépasse les compétences romaines, tandis que Rome a tous les pouvoirs en ce sujet. 

     
    Dans ce domaine les complications commencent à trouver solution surtout après la concordance maronite et latine locale patronnée par Rome pour installer un évêque maronite en Europe. Chose que les melkites et même tous les orientaux revendiquent depuis plus que 50 ans sans succès, à moins le cas des arméniens.
    Espérant que le cas des maronites serait appliqué chez les melkites et les autres orientaux catholiques en Europe.
     
     
    Conclusion :
     
    Reprenant la même question évoquée dans l’introduction celle numérique et migratoire des orientaux catholiques en Occident. Ce phénomène est à vrai dire risque de miner toute la question de la Diaspora et la transformer en une théologie humanitaire d’aide aux pauvres minorités restantes en Orient n’ayant pas les moyens d’émigrer en Occident.
    Il s’est avéré qu’à partir de la deuxième génération parmi les émigrés on commence à couper nos relations avec l’Eglise Mère, la troisième génération la supprime totalement. 

     
    C’est d’une part, d’autre part l’Occident laïcisé commence à s’infiltrer dans nos sociétés orientales catholiques et orthodoxes. On envisage ensemble un nouvel aspect de rupture avec l’Eglise auquel ni Diaspora ni Eglises locales n’ont trouvé pour l’instant un remède. Bref, le plus urgent n’est plus ni ecclésiologique ni juridique ni aussi œcuménique, il est plutôt existentiel.
     
     
     
    Mgr Elie Béchara Haddad
     
    Archevêque Grec melkite Catholique 
    de Saida et Deir el Kamar  - LIBAN
     

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